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Queen's University
 

Équipes et projets de recherche


Groupe de recherche Prospero

POLITIQUE DU ROMAN CONTEMPORAIN

Si 1980 marque une date butoir en France, en ce qui concerne aussi bien ce qu’on a pu appeler, pendant un certain temps, la « fin des grands récits » (Lyotard), qu’une certaine activité des intellectuels dans les différentes mouvances de la gauche, il semble qu’on ait un peu trop rapidement dénoué l’intrication du politique et de la littérature. Plusieurs militants, c’est un fait largement connu, ont remplacé l’activité politique par l’activité littéraire, écriture (Rolin, Bon, Michon, etc.) ou édition (Verdier). Il serait toutefois naïf de croire qu’il y a simplement eu substitution de la politique par l’esthétique. Nous faisons plutôt l’hypothèse qu’il y a migration du politique vers l’espace propre au roman. C’est sa mise en forme, dans sa diversité, qu’il s’agira pour nous de mettre au jour. De l’esthétisation particulière du politique, dont Les onze de Pierre Michon est l’illustration éclatante, à la spectralité dont certaines catégories politiques propres au XXesiècle font l’objet chez Volodine, sans parler du procès engagé par François Bon à la délocalisation de l’économie et du politique (Daewoo) ou de la mélancolie entraînée par la déroute de l’utopie chez Annie Ernaux (Se perdre), nous nous intéresserons donc à la prise en charge du politique par la dimension formelle spécifique au roman.

Avec ce projet de recherche sur le roman contemporain (Michon, Bergounioux, Bon, Toussaint, Echenoz, Ernaux, Houellebecq et Volodine), nous espérons apporter une triple contribution. 1. Il s’agira tout d’abord, par le biais de la littérature, de mieux comprendre le nouage particulier du sujet et de ce qui fait encore office de communauté, ce que nous entendons par le politique contemporain. À l’ère des atomisations multiples et de l’effritement des utopies, que reste-t-il du politique? En quoi l’écrivain, dans les représentations de soi et de la société qu’il esquisse, peut-il nous aider à saisir ce qui est aujourd’hui en jeu? 2. Il faudra bien sûr prendre également la question à revers, et tenter, à la lumière d’un problème commun, soit celui d’une figuration du politique, de mieux comprendre le roman contemporain, ce qui implique d’interroger la diversité de ses tendances dont la lisibilité sera accrue par le spectre de ce problème commun. 3. Enfin, nous chercherons par la lecture de cette figuration du politique à reprendre à nouveaux frais le problème de l’interaction de la littérature avec le politique et, au-delà, avec la société. En définitive, c’est la puissance de révélation du roman qu’il s’agira d’expliciter en tenant compte à la fois de l’évolution du genre et des mutations de l’imaginaire contemporain. Dès lors, la contribution principale que voudrait apporter ce projet de recherche à la critique qui s’intéresse au contemporain consiste à lire le politique en dehors de tout engagement. Nulle morale ne préside au retour de ce qu’on a appelé la « transitivité » dans la littérature contemporaine; tout au plus une éthique du sujet qui est toujours attentive à préserver cet espace nouvellement acquis, d’où il devient possible d’engager le monde, sans à priori ni programme à défendre.

Groupe de discussion

Dans le cadre des activités de recherche du groupe Prospero, des séances de séminaire consacrées à certains romans du corpus ont lieu sur une base mensuelle depuis l’hiver 2011. Coordonnées par Stéphane Inkel, chercheur principal et professeur de l’Université Queen’s, ces séances comptent sur la participation de François-Emmanuel Boucher et Audrey Camus, du Collège militaire royal du Canada, et respectivement co-chercheur et collaboratrice du projet, de même que sur celle de plusieurs chercheurs de ces deux institutions, professeurs et étudiants. L’objectif de ces séances de discussion est de mettre à l’épreuve certaines hypothèses de lecture et approfondir notre analyse du corpus.

Le calendrier du groupe Prospero (PDF*, 122 KB)

François-Emmanuel Boucher, Collège militaire royal du Canada
Sylvain David, Université Concordia
Stéphane Inkel, Université Queen’s

 

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Kingston, Ontario, Canada. K7L 3N6. 613.533.2000